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Jacqueline Gourault : "Action cœur de ville est un accélérateur de la relance"

Les nombreux projets d'Action coeur de ville arrivent à maturité et vont pouvoir constituer un "accélérateur" de la relance, s'est félicitée la ministre de la Cohésion des territoires, mardi 15 décembre, en clôture des rencontres Coeur de ville 2020, organisées par la Banque des Territoires. Jacqueline Gourault a notamment insisté sur l'enjeu de la digitalisation du commerce.

"Dans la période actuelle, le rôle des collectivités, des villes en particulier, est très important pour faire respecter le couvre-feu et faire partager cette prise de conscience nécessaire que cette crise est difficile", a déclaré Jacqueline Gourault en clôture des troisièmes rencontres Cœur de villes organisées en visioconférence par la Banque des Territoires, mardi 15 décembre, jour du début du déconfinement. L’Allemagne, considérée comme exemplaire, est "plongée dans une crise sans précédent", a-t-elle mis en garde. Mais la ministre de la Cohésion des territoires a aussi voulu insister sur la place du programme Action cœur de ville dans le plan de relance national. En lançant le programme il y a trois ans, son prédécesseur, Jacques Mézard, "a anticipé le rôle que vont jouer ces villes qui sont des forces de centralité sur tout un bassin de vie". Les thématiques du programme ont été une "préfiguration [du plan de relance] sans savoir qu’on aurait cette crise financière", notamment en matière de transition écologique. "La lutte contre l’artificialisation des sols était déjà un point fort d’Action cœur de ville avec la revitalisation des programmes commerciaux de centre-ville et, au contraire, l’arrêt des mètres carrés en périphérie", a-t-elle pris pour exemple, en allusion aux opérations de revitalisation de territoire (ORT). Mais le plan de relance va aussi apporter des moyens supplémentaires, comme le "fonds Friche" qui permettra de convertir les friches en cœur de ville. Inversement, Action cœur de ville est un "accélérateur" de la relance, a-t-elle souligné, car "beaucoup de projets sont matures", "environ 1,5 milliards d’euros ont été décaissés". Or, a-t-elle rappelé, les crédits du plan de relance devront être engagés dans les deux ans, d’où l’intérêt d’avoir de nombreux projets ficelés.

Digitalisation du commerce

Pour Jacqueline Gourault, la crise a aussi obligé les collectivités "à se poser la question de la digitalisation de leurs commerces", sachant que 30% sont digitalisés en France contre 70% en Allemagne. Un fonds de soutien de 60 millions d’euros a été mis en place en novembre, pour aider les collectivités - à travers des subventions de 20.000 euros - à mettre en place leur plateforme digitale de commerce de proximité (lire notre article).

La Banque des Territoires participe pleinement au plan de relance – avec 1 milliard d’euros dédiés aux seuls commerces -,  notamment pour financer des postes de managers de centre-ville, aider à a digitalisation, créer 100 foncières pour restructurer 6.000 commerces… Le gouvernement lancera début 2021 un fonds qui permettra d’accorder des subventions d’équilibre destinées à compenser le déficit financier de ces opérations coûteuses. Olivier Sichel, directeur de la Banque des Territoires, a annoncé vouloir s’impliquer dans la rénovation thermique de 1.000 écoles. Selon lui, les récentes élections municipales – qui ont fait que 65 maires sur les 232 d’Action cœur de ville ont été réélus – n’ont pas entaché la continuité du programme. "Aucune municipalité [nouvellement élue] n’a demandé à sortir du programme."
Après Poitiers et Arras, ces nouvelles rencontres étaient cette fois-ci "100% digitales". Comme les années précédentes, elles ont permis aux élus du programme d'échanger lors d'ateliers et d'entendre des témoignages de maires.